Timeline .hack
La Clé d’Helva
Oui, vous ne rêvez pas, j’ai bien écrit « Helva ». Et j’assume.
Que ceux qui attrapent de sévères migraines en lisant ces rubriques la vouent aux gémonies. Que les autres lui vouent un culte, s’ils souhaitent. Mais sans Helva, il est fort possible que la Lycoris State University n’eut jamais vu le jour. Sans Helva, point de listes étymologiques qui vous donneront le tournis. Sans Helva, point de révélation des secrets jusqu’alors inviolés du projet .Hack (voir les futures rubriques de Secrets). Sans elle, non plus, point de découverte quant au lien entre certain jeu de cartes et les personnages des jeux. Justifiant ainsi son arcane secrète.
Néanmoins, malgré tout cela, malgré toutes ces victoires de la science lycoridienne, l’honnêteté me doit de vous avouer... que je n’ai toujours aucune preuve qu’Helva soit bien Helva, et non une erreur sur le nom Helba.
De fait, ce nom n’existe qu’à un seul exemplaire sur les sites officiels du projet .Hack. Mais quel site... Legend of Twilight de hack.channel, rien moins que la clé ésotérique de tout le projet .Hack. De ce fait, comment ne pas imaginer, alors, que l’erreur n’en soit pas une, mais plutôt un indice ?
Helva, Helba, Herba ou Herva ?
Quoiqu’il en soit, lorsque j’ai découvert ce nom, j’ai d’abord songé à une simple erreur : les Japonais ne possédant pas la lettre v, ils la rendent par leur son b. Ainsi donc, le heruba japonais, valant pour « Helba », pouvait aussi se lire « Helva » (mais aussi herba, herva...). Et puis, je me suis souvenue qui était Helva, hors du projet .Hack... Et c’est là que je me suis dit qu’Helva collait d’un peu trop près au personnage « Helba » du projet .Hack pour qu’il s’agisse d’une simple coïncidence...
Artemisia Alba Herba
Qu’un personnage central du projet .Hack ait pour seule étymologie soit une boisson orientale à base de fenugrec, soit une plante : l’artémisia alba herba (orthographiée incorrectement helba) me paraissait assez ennuyant... Certes, Artémis est une grande déesse chasseresse, patronne des animaux sauvages, identifiée à tort à la Lune, et alba, qui signifie « blanc », est dans l’Épitaphe du Crépuscule... et, je viens de m’apercevoir que je viens de donner de sérieux arguments à l’artémisia alba herba. Mince alors... ;)

Quoi qu’il en soit de l’herbe blanche d’Artémis (en fait une variété d’armoise, nom qui dérive d’artémisia), j’en tiens toujours pour Helva. Mais pourquoi donc ?
Le vaisseau qui chantait
Tout d’abord, parce qu’Helva est le personnage principal du vaisseau qui chantait, du recueil de nouvelles du même nom d’Anne Mac Caffrey. Si vous ne la connaissez, sachez donc qu’il s’agit d’un des plus grands auteurs de Science-Fiction. Avec son cycle des Dragons de Pern, elle a révolutionné l’approche classique  et « fantastique » des dragons, pour réinventer des dragons « rationnels ». On considère d’ailleurs qu’elle est à l’origine de la dragon-mania qui sévit aux USA (et qui n’est pas près de s’éteindre). Enfin, avec ses cycles de la Dame de la Haute Tour, et du Vol de Pégase, elle a abordé de manière fine et intelligente les pouvoirs PSI. Bon nombre d’oeuvres récentes qui tentent d’apporter une facette humaine à certains mutants lui doivent certainement beaucoup... Bref, quiconque s’intéresse à la SF ne peut ignorer Anne Mac Caffrey, et quiconque s’y intéresse d’un peu plus près, aura forcément entendu parler du personnage d’Helva, cette « femme-cyborg ». C’est cette définition qui m’a aussitôt fait songer à l’Helva-Helba du projet .Hack. Ce personnage qui lévite, et dont le regard est constamment masqué par une visière rouge n’a-t-il pas des allures de cyborg ?
Cyborg Helva ?
Certes, en vérité, Helva n’est pas un cyborg au sens où nous l’entendons. Le personnage de Mac Caffrey est en fait un être « inadapté » qui se trouve enfermé, pour sa survie, au cœur d’un vaisseau, encapsulé dans une coque de titanium, et en devient l’âme, la conscience, la puissance directrice. Ne peut-on voir dans ce fait l’exact équivalent de ce qu’est l’Helva-Helba du jeu ?
Sait-on qui est Helba dans la vie réelle ? Possède-t-on seulement son nom ? Elle n’apparaît nulle part, si ce n’est dans le jeu. Lorsqu’il faut rencontrer des personnes dans la vie réelle, elle envoie un « bras droit » : Sato Ichiro. On explique cette attitude par le fait que le hacking est un délit puni de mort. Certes, et donc, Sato Ichiro, il ne risque rien ? Au minimum, complicité d’un crime passible de peine de mort, plus une série de quarts d’heure peu agréables lorsque la police souhaitera lui faire avouer qui est « Helba ». Quand bien même, au final, il ne risquerait pas, lui aussi, la peine de mort. N’est-il pas le « bras droit » d’Helba ?
Mais ce qui pourrait paraître un comportement étrange, voire une lâcheté (envoyer un autre courir un risque à sa place), s’explique parfaitement si l’on considère que les scénaristes souhaitaient coller au personnage d’Helva d’Anne Mac Caffrey. De même que l’on pourrait considérer que son masque reflète l’incapacité du cyborg Helva à voir par ses yeux, mais uniquement par les appendices visuels du vaisseau. Enfin, qui rapproche l’Helva du roman de celle du projet .Hack, son premier pilote la qualifie de « Vierge de Fer, je vous appellerai donc Brunhilde ». Nul n’ignore, je pense, l’importance de la Tétralogie de Wagner dans le projet .Hack, ni le fait que les Liminality ont pour trame la volonté de de délivrer un certain Sieg du coma où il se trouve plongé. Et petit détail amusant, au cours de cette conversation, Helva remarque qu’elle n’est pas blonde. Son vœu secret aura donc été exaucé par les créateurs de Hack, désormais, il est manifeste qu’elle est blonde.
XH-834
Enfin, je pourrais conclure ce long développement sur l’Helva d’Ann Mac Caffrey, en vous rapportant que, dans la nouvelle éponyme, le code qui lui est attribué est XH-834. Et alors, me diriez-vous ? Oh, juste trois fois rien... Il se trouve simplement qu’en numérotation grecque (les Grecs ne connaissaient pas les chiffres arabes), 834 s’écrirait avec les lettres Oméga (valant 800), Lambda (30) et Delta (4). Et le fait très amusant est que, sauf erreur, les serveurs se débloquent en trois groupes : d’abord delta et thêta, puis lambda et sigma, et enfin oméga.
S’agit-il d’une simple coïncidence ? Là, je vais en étonner certains : je pense qu’il ne s’agit, en effet, que d’une coïncidence. Mais ce genre de collision est trop savoureuse pour que je ne la rapporte pas. Cependant, rien non plus ne permet d’affirmer qu’il ne s’agit que d’une coïncidence. Qui sait ?
 
Et maintenant, si vous n’avez pas abandonné la lecture en cours de route, victime d’une migraine foudroyante, je m’en voudrais de ne point vous rapporter un dernier élément en faveur d’Helva :
Mes recherches m’ont en effet appris que ce nom est assez répandu en Allemagne. Rien d’étonnant à cela, si l’on songe qu’en vieux germanique (langue ancêtre de l’allemand moderne) helva signifie « brume ».
Un nom qui, de fait, n’est pas sans évoquer un certain Ring des Nibelung (l’Anneau du Nibelung, tétralogie d’opéra de Wagner tirée d’une vieille légende germanique). Lequel Nibelung est en fait « le fils des brumes ». Et Helva, par ailleurs, un mot apparenté à hell, qui signifie « enfer » en anglais (l’anglais et l’allemand étant langues cousines). Or, Helba-Helva n’est-elle pas la « Reine des Ténèbres » ?

Quoi qu’il en soit, si l’on excepte cette série d’indices plus que probants, je n’ai aucune autre preuve que le nom du site hack.channel, de ce que j’avance. Je croyais que le nom avait d’abord été Helva, avant d’être retiré à cause d’un litige avec Ann Mac Caffrey (au vu de la tenue d’Helba, et sachant que Mac Caffrey est considérée comme une féministe, cela se serait compris...), qui aurait découvert l’existence de cette Helva via l’E3 2003, car des tee-shirts Helba y furent distribués. Mais, le nom rapporté sur le site de la CC2 est bien « Helba », la photo en témoigne.
De plus, j’ai découvert, après coup, que les Japonais avaient inventé un caractère pour retranscrire le -v- européen. Il est, par exemple, utilisé dans Neon Genesis Evangelion, mais aussi sur le site hack.channel lui-même pour transcrire l’anglais « wave master » (ce nom n’étant pas écrit en japonais, mais en anglais phonétique). De ce fait, Helva semblerait bien être une erreur. Sauf que, l’on pourrait voir les choses à l’envers : si les Japonais disposent d’une lettre pour le -v-, et ce que cette lettre se trouve sur la page même d’Helva, s’agit-il vraiment d’une erreur ? En effet, puisqu’ils disposent d’un kana pour le -v-, ils n’ont plus l’excuse de confondre -ba et -va. Surtout lorsque c’est, probablement, le même graphiste qui s’est chargé à la fois de « Helva » et de « wave master » (tous deux sont des images-titres). Surtout lorsque, nulle part ailleurs, une telle erreur n’a été reproduite. Certes, il y a Olca, Clim et Balmunk, mais ce n’est pas du même ordre...
Mais, ainsi que le dit le proverbe : « errare humanum est ». Les erreurs sont toujours possibles...
Voilà, si vous n’aviez pas de migraine, maintenant c’est fait.

Toujours est-il donc que je laisse chacun se forger sa propre opinion. Et que, faute d’un aveu des créateurs de .Hack, nous n’aurons probablement jamais la réponse.
Helba-Helva, un nom qui demeurera dans les brumes du mystère d’une déesse qui ne s’apprivoise pas...